Trottinette électrique : êtes-vous vraiment couvert si vous l’achetez, la louez ou l’empruntez ?

Plus de 5 millions de trottinettes électriques vendues en France en dix ans, environ 3 millions d’unités en circulation aujourd’hui : la trottinette est devenue un moyen de déplacement du quotidien. Pourtant, la question de l’assurance reste floue pour beaucoup d’utilisateurs. Selon le mode d’usage choisi, la couverture n’est pas du tout la même, et les angles morts sont nombreux.

Ce que la loi impose, sans exception

Depuis l’entrée en vigueur de la loi d’Orientation des Mobilités (LOM) en juillet 2020, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile. Ce n’est pas une recommandation : c’est une obligation légale inscrite dans le Code des assurances (article L211-1). Rouler sans cette garantie expose à une amende pouvant atteindre 3 750 €, voire à la confiscation de l’engin. Pour approfondir les différents cas de figure, cet article sur l’assurance trottinette électrique détaille les enjeux selon que vous achetez, louez ou empruntez votre engin. Côté tarifs, les formules d’entrée de gamme démarrent autour de 4 à 5 € par mois, tandis qu’une couverture tous risques avec garantie vol peut grimper à 25-30 € mensuels pour un engin haut de gamme. Pour une trottinette dont la valeur dépasse 1 500 €, une formule intermédiaire incluant vol et dommages reste souvent la plus judicieuse. 

Achat, location, prêt : trois situations, trois niveaux de risque

Acheter sa trottinette, c’est aussi s’engager à souscrire une RC avant la première sortie. Le contrat est lié à l’engin : selon la formule choisie, il peut couvrir uniquement les dommages aux tiers, ou inclure le vol, l’incendie et les dommages à l’engin lui-même.

La location en libre-service, elle, repose sur l’assurance de l’opérateur, qui couvre effectivement la responsabilité civile envers les tiers. Mais la protection corporelle du conducteur peut rester très partielle. Chaque opérateur a ses propres conditions générales, et les garanties varient d’un service à l’autre : vérifier avant de monter sur l’engin n’est pas un réflexe superflu.

Le prêt entre particuliers est sans doute le cas le plus méconnu. Dans la plupart des contrats, seul le conducteur désigné dans les conditions particulières est assuré. Si vous prêtez votre trottinette à un ami non mentionné au contrat, la couverture RC du propriétaire peut tout simplement ne pas s’appliquer. Certains contrats permettent de désigner des conducteurs occasionnels, y compris des membres du foyer, avec une garantie corporelle parfois plafonnée à 500 000 €. La limite d’âge varie également selon les contrats : 14, 16 ou 18 ans selon les assureurs, un point à vérifier si vous envisagez de prêter l’engin à un mineur.

Les idées reçues qui coûtent cher

Deux croyances reviennent souvent. La première : « la trottinette du loueur est forcément bien assurée ». C’est partiellement vrai pour les tiers, mais rarement complet pour vous en tant que conducteur. La seconde : « si je prête ma trottinette, mon assurance couvre tout ». C’est souvent faux dès que le conducteur n’est pas nommément désigné au contrat. Dans les deux cas, la solution est simple : lire les conditions générales, et ne pas hésiter à souscrire une assurance complémentaire personnelle si la couverture proposée reste lacunaire.

Le cadre réglementaire est stable en 2026, les prix d’entrée sont accessibles, et les offres disponibles couvrent tous les profils. Il n’y a donc pas vraiment de bonne raison de rouler sans filet.

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