Personne ne décroche un concours sur un coup de chance. Derrière chaque admission à l’EN3S, il y a des années de métier, des choix assumés et, souvent, une volonté tenace de réinventer sa trajectoire. En 2021, le concours interne réserve 24 places aux collaborateurs des organismes de sécurité sociale forts d’au moins quatre ans d’expérience. Mais franchir les portes de l’EN3S par cette voie, c’est un projet en plusieurs étapes. Comment y parvenir concrètement ?
Pauline Foucart et Vincent Swietek, tous deux admis comme internes au 60e cycle, incarnent deux parcours différents, deux manières d’aborder la reprise d’études et le retour à l’EN3S. Leur point commun : la sécurité sociale comme fil rouge professionnel… et une envie affirmée de gravir une nouvelle marche.
A lire en complément : Tout savoir sur le divorce à l’amiable
Parcours et expériences dans la sécurité sociale
Avant de déposer leur candidature, chacun a patiemment construit sa propre expérience :
Pauline Foucart : Treize années au service de l’Assurance Maladie. D’abord responsable juridique et antifraude à la CPAM du Loiret, elle prend ensuite la tête d’un département similaire en Indre-et-Loire. Avec le temps, elle étoffe son parcours d’une portée régionale, notamment par la coordination de la lutte contre la fraude. Ce fil conducteur, fait de responsabilités croissantes, l’incite à viser une vision élargie du secteur.
Vincent Swietek : Son histoire débute loin du domaine social, avant un revirement à 32 ans : réussite au concours d’inspecteur Urssaf. Très vite, il se spécialise dans le contrôle et la lutte contre le travail dissimulé, assume la fonction de consultant régional, puis assure la coordination régionale antifraude. Un parcours cousu d’apprentissage sur le terrain et d’une soif de compréhension des mécanismes de la Sécurité Sociale.
Pourquoi tenter le concours interne ?
Leurs raisons diffèrent mais s’ancrent dans un même objectif : élargir le champ des possibles.
Lire également : Désavantages de l'éducation : inconvénients à connaître pour l'apprentissage
Pauline : Issue d’un cursus juridique, elle s’est progressivement tournée vers le management et la gestion de projets, y trouvant le goût de la stratégie et du collectif. Son envie aujourd’hui : découvrir de nouveaux secteurs, élargir sa palette de compétences en gestion d’équipe, se confronter à de nouveaux enjeux. Pour elle, accéder au concours interne revient à explorer la diversité du monde de la sécurité sociale, à enrichir son parcours et à acquérir de nouveaux outils pour construire l’avenir.
Vincent : Après cinq années en poste, il s’est décidé à préparer le concours interne EN3S, idée qui le travaillait depuis ses débuts à l’Urssaf. Ce qui l’a convaincu ? La rencontre avec l’accompagnement de l’Institut 4.10, particulièrement adapté pour celles et ceux qui n’ont plus le réflexe des amphis. Il souligne l’enjeu très concret de cette préparation, qui l’a soutenu pour franchir le pas.
Comment aborder le projet avec sa hiérarchie ?
Évoquer une évolution professionnelle requiert habileté et anticipation. Voici comment ils ont procédé :
- Pauline : Dès son entretien annuel avec sa directrice, en septembre 2018, elle expose son souhait d’intégrer la préparation concours proposée par l’Institut 4.10. S’y prendre tôt, presque deux ans avant la session escomptée, lui donne le temps d’amorcer ce tournant avec sérénité, autant pour elle que pour l’équipe. Un choix mûri, à la hauteur de l’investissement que cela demande.
- Vincent : La cinquième année dans son établissement, il évoque ce projet lors de son EEA. Feu vert de la direction, échanges avec le service RH de son Urssaf, puis inscription sur la voie interne et passage des épreuves de sélection l’année précédant le concours. Un déroulé planifié, étape après étape, pour optimiser ses chances.
Et demain : quelles perspectives après l’EN3S ?
Déjà, chacun imagine la trajectoire qu’il compte tracer à la sortie de l’école.
Pauline : Elle vise une fonction à forte dimension partenariale, ancrée dans l’action sociale, mais dans un univers différent de celui déjà exploré. Changer de décor pour mieux étoffer ses compétences et peser sur des sujets nouveaux.
Vincent : Porté par l’envie d’apprendre ailleurs, il se projette dans une succession de postes variés, sans s’enfermer dans une routine. Il espère que la formation sera le tremplin vers d’autres milieux, y compris hors du réseau traditionnel de la Sécurité Sociale, pourquoi pas dans des institutions comme la DSS ou l’ARS, là où d’anciens diplômés ont déjà pris pied.
Ceux qui souhaitent approfondir les démarches trouveront toutes les ressources nécessaires sur les plateformes spécialisées et auprès de leurs directions respectives.
Un concours, ce n’est jamais simplement une épreuve à passer : c’est l’amorce d’une trajectoire différente, la chance de croiser des chemins insoupçonnés. Pauline et Vincent incarnent ce saut vers l’inconnu, et ouvrent la voie à celles et ceux tentés par l’aventure.

