Personne ne s’est jamais enrichi en restant silencieux sur sa fiche de paie. Pourtant, la majorité hésite à réclamer ce qui leur revient. Demander une augmentation reste pour beaucoup un terrain miné, alors qu’une préparation rigoureuse change la donne. Avant même de parler chiffres, il s’agit de viser juste : combien demander pour être entendu sans passer pour insatiable ni réservé ?
Combien demander à son employeur ?
Le montant de l’augmentation, c’est le nerf de la guerre. Il peut s’exprimer en pourcentage, en montant précis, ou encore en fourchette. Chacune de ces méthodes a ses atouts, mais aussi ses pièges. Pour éviter de s’embourber dans la négociation, mieux vaut préparer ses arguments avant d’entrer dans le bureau du manager. Et, détail stratégique, choisir le bon moment fait toute la différence. Une demande mal placée et la porte se referme.
Formuler sa requête en pourcentage, c’est parler le langage des managers et du service RH. Ils visualisent tout de suite ce que cela implique pour l’entreprise. Par exemple, viser une augmentation de 8,33 %, c’est demander l’équivalent d’un mois de salaire supplémentaire. Un seuil qui fait rarement l’unanimité en dehors de circonstances exceptionnelles. Pour éviter le veto, mieux vaut s’orienter vers des chiffres plus réalistes, comme 5 ou 6 %. Cette marge reste crédible et sert de point d’appui lors de la discussion.
Proposer un montant exact, de son côté, montre que vous avez fait vos devoirs. Cela prouve que la démarche ne tient pas du caprice, mais d’une réflexion sérieuse, nourrie de recherches concrètes. À l’inverse, une demande en fourchette ouvre la porte au dialogue, mais expose à l’écueil d’atterrir sur la limite basse. Pour éviter de se retrouver floué, il vaut mieux éviter d’annoncer d’emblée un chiffre figé. Préférez une fourchette argumentée, puis invitez l’employeur à réagir avec une formule ouverte du type « qu’en dites-vous ? ». La négociation s’engage alors sur un terrain plus souple, propice aux compromis.
Quels arguments pour soutenir une augmentation de salaire ?
Avant de se lancer, il faut trouver le point d’équilibre entre vos aspirations et ce que l’entreprise peut raisonnablement consentir. Plusieurs critères entrent en jeu.
D’abord, les facteurs personnels. Votre salaire stagne depuis trop longtemps ? Vous avez décroché des résultats probants ou accepté de nouvelles missions ? Autant d’éléments qui pèsent dans la balance. Dans ces cas-là, la marge de négociation tourne souvent autour de 2,5 % en moyenne, selon les usages observés.
Ensuite, d’autres paramètres entrent en ligne de compte.
- Une société en croissance tend à mieux récompenser ses équipes.
- Parfois, le management prend lui-même l’initiative d’une revalorisation, notamment lors de l’entretien annuel.
D’autres arguments pour soutenir la hausse des émoluments
Il ne faut pas négliger l’évaluation de votre propre valeur sur le marché. Pour cela, les outils ne manquent pas : études de rémunération, comparatif d’offres d’emploi similaires, ou encore échanges informels entre collègues. Bien entendu, la transparence dépend de la qualité des relations internes, mais avoir une idée claire de votre positionnement renforce le dossier.
Un point à connaître : l’article 104 de la loi n°2018-771 du 5 septembre 2018 vise à corriger les inégalités salariales entre femmes et hommes. Si, pour un même poste, avec une expérience et une ancienneté comparables, vous percevez moins que vos homologues masculins, la loi vous autorise à exiger un alignement. Le principe est clair : « à travail égal, salaire égal », un rappel qui, parfois, suffit à faire bouger les lignes.
Enfin, après avoir obtenu gain de cause, un geste de reconnaissance s’impose. Remercier votre employeur ferme la boucle et installe le respect mutuel, clé d’une relation professionnelle durable.
Demander plus, c’est parfois ouvrir la porte à une nouvelle dynamique. La prochaine fois que vous franchirez le seuil du bureau, rappelez-vous : un montant bien choisi, un argument solide, et le courage de demander peuvent transformer une simple fiche de paie en tremplin.


